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Thursday, November 1, 2012

Hajj, le beau, le moche et le merveilleux



Dix ans après mon premier pèlerinage en terre sainte (voir ici le compte-rendu), Dieu nous a gratifié, ma femme, mon fils aîné et moi en nous choisissant pour être parmi ses hôtes durant ce pèlerinage de l'an 1433 hijria. Ce post fait partie d'une série de trois article sur ce pèlerinage en terres saintes :

  1. Madinah, ville du Prophète Mohamed -Paix sur Lui-
  2. Makkah, coeur vibrant des terres d'Islam 
  3. Hajj, le beau, le moche et le merveilleux  (présent article)

(NB. cliquer sur les photos pour les agrandir)

Rituel du Hajj, un résumé

Le rituel du Hajj est un événement exceptionnel qui dure 6 jours. Contrairement à la Omrah qui peut avoir lieu à tout moment, le Hajj proprement dit rassemble tous les pèlerins (3 millions, voire plus) aux mêmes endroits et durant les mêmes périodes. Voici, en résumé, le rituel du Hajj :
  • Photo prise à Mina. De droite à gauche : Khadija, Mouad,
    Abdou, Mère de Abdou, Ami de Abdou
    1er jour : Le 8 doulhijja, après le lever du soleil, les pèlerins se mettent en habits du Ihram et font "nya" (décision) de commencer le rituel du Hajj. Ensuite ils se dirigent vers Mina, une localité à 8 kilomètres de Makkah en répétant la talbia (labyaka allahomma labayk ...). Les millions de pèlerins s'y rendent à pied (via un tunnel qui réduit la distance à 5 km), par bus, par voitures ou par train (très peu utilisé). Arrivés sur place tout le monde se met dans des tentes où chacun dispose à peine d'un espace pour s'allonger. Évidemment il y a des tentes réservées aux hommes et d'autres aux femmes. On passe le reste de la journée à prier, à lire le Coran, à méditer ou à discuter.
  • 2ème jour : Le 9 doulhijja, tout le monde se dirige vers Arafat, une localité à 14 kilomètres de Mina. Cette journée est la plus importante du Hajj. Tous les pèlerins doivent passer la période entre le milieu de la journée et le coucher du soleil à prier Dieu, lui demander pardon et lui demander tous les biens que l'on souhaite ici-bas ou dans l'au-delà.
    • Khadija dans une tente à Arafate
      Après le coucher du soleil du 9 doulhijja, les pèlerins retournent vers Mina mais doivent s'arrêter à mi-chemin dans une localité appelée Mouzdalifa pour y passer la nuit "à la belle étoile".
  • 3ème jour : Le 10 doulhijja est un jour de fête dans tous les pays musulmans. Traditionnellement on y égorge un mouton en souvenir du sacrifice d'Abraham et Ismail. Par contre les pèlerins sont très occupés à accomplir au moins trois des quatre rituels suivants :
    • quitter Mouzdalifa au lever du jour et se diriger vers Mina pour les Jamarates, un rituel où on lapide symboliquement Satan en jetant 7 petits cailloux à un endroit précis à Mina. C'est un rituel éprouvant à cause de la foule sur le chemin du Jamarates et dans les Jamarates.
    • égorger les moutons pour le donner en charité et éventuellement en manger un peu. Mais généralement la majorité des pèlerins payent des bons (450 ryals saoudiens le bon) pour charger une entreprise spécialisée d'égorger les moutons, emballer et conditionner la viande avant de la transporter dans les meilleures conditions sanitaires vers les pays où il y a des gens nécessiteux.
    • se raser la tête et enlever les habits du Ihram, pour les hommes. Les femmes se coupent un tout petit peu les cheveux.
    • continuer à pied jusqu'à Makka pour effectuer Tawaf Ifada et Saay, pour ceux qui sont solides physiquement. Encore des rituels très éprouvant à cause de la foule sur le chemin et sur place à Makkah. Tous les pèlerins doivent être de retour à Mina avant le coucher du soleil. Ce tawaf n'est pas obligatoire à effectuer ce jour 10 doulhijja, il peut être différé jusqu'après le 13 doulhijja.
  • Entrée des Jamarates vers le 1er étage
    du 4ème au 6ème jours : 11, 12 et 13 doulhijja : après avoir effectué l'essentiel du Hajj, après s'être douchés et avoir retrouvé des habits plus confortables, les pèlerins peuvent se relaxer un peu à Mina durant ces trois jours. Certes les tentes ne sont pas très confortables (c'est un euphémisme!), mais on passe la journée en prière et lecture du Coran. Chaque jour, on doit aussi lapider symboliquement Satan aux Jamarates mais cette fois-ci en trois endroits différents et successifs. Cette lapidation a lieu après le milieu de la journée. On peut rester juste deux jours jours au lieu de trois et donc retourner à Makkah dès le 12 doulhijja après avoir été aux jamarates.
Endroit de lapidation au premier étage (Jamarate). La "petite"
foule est entrain de jeter des pierres vers le mur que l'on voit au fond de la photo
Personnellement, ma femme, mon fils et moi avons effectué tous le chemin aller Makkah-Mina-Arafat en bus affrétés par la mission de Hajj marocaine. Quant au chemin retour Arafat-Mouzdalifa-Mina-Makkah, nous l'avons effectué à pied. Ce fut une expérience inoubliable être transportée par une foule répétant "Labayka Allahoma Labayk ...". Passer la nuit à Mouzdalifa sur un parking avec comme seul matelas le tapis de prière et comme oreiller ses propres sandales a été également une très belle expérience.


Après les 6 jours du Hajj, les pèlerins retournent à leurs hôtels à Makkah pour retourner à une vie plus "normale" rythmée par la prière à Masjid Al Haram.
A la sortie des Jamarates, les panneaux bleus au fond de la photo indiquent la direction de Makkah à pied.
Ce trajet nous demandé environ 2 heures de marche au milieu d'une foule dense.
Environ la même distance trois jours plus tôt, entre Arafate et Mouzdalifa nous a demandé 3 heures de marche dans une foule dense et chaotique au milieu des bus car nous avions loupé le chemin réservé aux piétons.

Le beau

C'est beau de voir ces hommes, riches ou pauvres, éduqués ou analphabètes, grands ou petits, de toutes les couleurs de toutes les langues, habillés tous humblement avec deux simples serviettes et des sandales, se dirigeant par milliers en répétant une prière qui fait vibrer les montagnes autour de Makkah : labayka Allahomma labayk.
C'est beau de voir toutes ces femmes et ces hommes quitter le confort de leur hôtels pour passer 5 ou 6 jours dans des tentes au confort très rudimentaire. Le cœur plein de gratitude envers Dieu le Créateur et le bienfaiteur des mondes.
C'est beau de voir sur Arafate tous ces visages pleurer et prier Dieu, chacun dans sa langue. Certains prier pour leurs petits soucis quotidiens d'autres pour la ummah toute entière, pour l'humanité et la planète. D'autres priant pour l'au-delà.
C'est beau de sentir les jamarates vibrer avec une énergie très perceptible durant la lapidation symbolique de Satan. Notre esprit en sort purifié et allégé.
C'est beau de voir des visages inconnus te sourire, des personnes habitant des pays à l'autre bout de la planète te serrer la main et te souhaiter "taqabbal Allah", de sentir cette fraternité transcendant toutes les frontières imaginées par les hommes.
C'est beau de voir mes compatriotes apprendre enfin à faire la queue pour prendre sa part de "Sabil" (sadaka) ou pour aller aux toilettes à Mina. On peut ne pas faire la queue et nous bagarrer entre nous mais avec d'autres nations on essaie de donner une meilleure image... Tant mieux et c'est beau.

Le Moche

C'est moche de voir mes compatriotes se bagarrer pour monter dans l'ascenseur, dans un bus ou dans l'avion. Ils oublient tout le sens du Hajj ...
C'est moche de voir mes frères et sœurs pèlerins jeter par terre les emballages et les restes des repas sans prendre la peine de les mettre dans les poubelles prévues à cet effet. Après 6 jours à Mina, les rues et les campements de cette localité croulent sous le poids des détritus et en plusieurs endroits de la ville, le "jus" de poubelles traverse les rues. Encore plus triste, certaines personnes se soulagent la vessie aux coins de rues dans les terres saintes ...
C'est moche de voir qu'un événement spirituel se transforme en un fardeau écologique pour la planète. En effet, le nombre de bouteilles et de sacs en plastiques, de canettes de limonades, d'emballages en aluminium qui sont consommés et jetés est un nombre astronomique. D'après mes estimations, chaque pèlerin consomme et jette en moyenne par jour, au moins 5 bouteilles plastiques d'eau, 3 sacs plastiques, 1 emballage aluminium, 3 cartons de jus. Multiplier cette moyenne quotidienne par 3 millions de pèlerins et 30 jours, soit 12 x 30 x 3 = 1080 millions, soit plus d'un milliard d'emballages jetés dans la nature chaque année. Ajouter à cela la consommation astronomique de diesel pour les véhicules ou d'électricité pour les climatiseurs, l'eau chaude et l'éclairage et vous avez une idée sur le coût écologique pour la planète. Je pense que les autorités saoudiennes doivent diligenter une étude d'impact écologique du Hajj sur la planète et mettre en place les solutions qui s'imposent. Je suis sûr que nos frères saoudiens ont toute l'intelligence et les moyens financiers nécessaires pour mener à bien ce chantier écologique du Hajj.

Le Merveilleux

Le Hajj a lieu cette année dans une période astrale bien particulière : il s'agit de la fin du cycle terrestre de 26000 ans qui aura lieu bientôt, le 21 décembre prochain. Plusieurs sages parlent à cette occasion de la naissance d'une nouvelle humanité, éveillée, spirituelle et sans ego. Tous les rituels du Hajj, selon ma propre lecture, n'ont qu'un seul objectif : effacer les différences entre les humains et supprimer l'ego. On le voit clairement dans le tawaf, le saay, les habits du Ihram, le séjour à Mina, Arafate, etc. Dans tous les cas, le pèlerin devient un X, humble, participant à un ballet énergétique d'amour divin qui dépasse l'entendement ... qui transcende la propre compréhension du pèlerin ...  Est-ce suffisant pour conclure que tous les pèlerins vont revenir éveillés et sans ego vers leur pays. Ce que j'ai constaté sur le terrain me laisse plutôt penser que la majorité des pèlerins sont loin, très loin de l'esprit spirituel du Hajj. Aucune transformation n'est en vue, bien au contraire certains mauvais caractères sont accentués. Cependant, j'ai le sentiment que la transformation est latente, à portée de main ... Les énergies qui sont à l'oeuvre travaillent à l'insu même du pèlerin. Un jour proche, il comprendra la futilité de son esprit et de ses croyances et se rendra compte de sa nature divine... Le fiasco qu'il constate dans le monde qui l'entoure et le fiasco qu'il participe à créer même durant le Hajj (voir "Le Moche" plus haut) ouvrira ses yeux à la réalité : son esprit (psyché) et son ego le conduisent à la misère, à la catastrophe : c'est le vrai Satan à lapider avec les cailloux de la conscience. Ce jour là, très proche, un nouvel Homme sera né. Le rituel du Hajj ne sera plus vu comme un moyen d'accéder à des récompenses dans l'au-delà mais à vivre l'extase ici et maintenant... 

Monday, September 17, 2012

To be or to become ? that is the question !

Singe contemplant le crâne d'un humain
Source Photo : http://storytelling.expertpublic.fr 
J'ai intitulé ce post par une déformation de la fameuse phrase d'ouverture de la pièce Hamlet de Shakespeare. Cette question "to be or to become ?", "Etre ou Devenir ?" est à mon sens la question fondamentale que chacun de nous devrait se poser. En effet, nous autres humains lambda, qui ne sont ni princes ni rois et qui n'ont ni oncle assassin, ni père monarque défunt, la problématique de vie (to be) ou de suicide (not to be) ne se pose vraiment pas [RESUME]. Par contre la question de vivre maintenant (to be) ou demain (to become) est importante. En tout cas cet article essaiera de vous en convaincre. En conclusion je reviendrai vers le drame de Hamlet pour faire le lien avec un thème qui m'est cher, celui du 21 décembre 2012.

Devenir versus Etre

La photo que j'ai choisi pour illustrer mon article montre un singe qui contemple un crâne humain. Elle évoque la couverture de certains livres ou pièces de théâtre sur Hamlet : personnage humain qui contemple un crâne, symbole de la mort ou du suicide. Cependant, ce qui m'a intéressé dans la photo ci-dessus est plutôt ceci : le singe qui se pose la question : dois-je accepter ma condition d'animal ou serait-il possible de devenir humain ? C'est un peu le thème de cet article, mais transposé à l'homme. L'homme qui veut devenir ceci ou cela et qu'il n'est pas.

Depuis que nous sommes nés, la famille puis la société par la suite essaient de nous modeler selon des normes ou des idéaux. Notre condition naturelle n'est pas acceptée. Et c'est normal. On doit être civilisé, éduqué, bref être un bon citoyen qui fait honneur à sa famille, son pays, etc. Si au départ de la vie, cette éducation paraît nécessaire pour s'adapter et "réussir" dans les sociétés où nous sommes nés, par la suite, l'éducation devient ambition, puis compétition. Et le mal est né. en effet, cette compétition devient une fuite en avant, une course sans fin. On commence par l'ambition d'avoir un diplôme, puis un job, puis une maison, une famille. Mais après la maison c'est la villa, la résidence secondaire ou même le château. Après le job c'est la direction de l'entreprise, les affaires, l'argent, la politique, bref l'ambition sans fin et sans limite. Pour ceux qui ne sont pas attirés par les ambitions matérielles, il y a les ambitions religieuses ou spirituelles : gagner telle place au paradis, être près de tel prophète ou de Dieu; être un grand mystique, etc. L'objet de l'ambition a changé mais l'ambition est toujours là. Or le problème n'est pas dans l'objet de l'ambition, terrestre ou divin mais dans l'ambition elle-même.

On peut alors se poser légitimement la question qui a-t-il du mal à être ambitieux ? Pourquoi la compétition est-elle mauvaise ? Tous les "progrès" humains en science et technologie, santé, etc, ne sont-ils pas les retombées de cette ambition personnelle ou collective qui pousse au travail et à la création de richesses ?  Je ne veux pas discuter la question du soit-disant progrès humain ou civilisation humaine. Je préférerais  rester au niveau individuel. Analysons de plus près cette question d'ambition, de "devenir" :
  • Quand on veut devenir quelqu'un cela signifie que l'on n'accepte pas sa situation actuelle et que l'on veut devenir autre chose. La conséquence est une projection dans l'avenir et un oubli du présent. Plus l'ambition est forte, plus on devient obnubilé, hypnotisé par cette situation future. Dans les cas extrêmes on sacrifie tout le présent, les plaisirs simples et présents de la vie, pour vivre dans l'imaginaire du futur glorieux que l'on attend. Le problème c'est que ce futur ne vient jamais. Même quand on atteint ce que l'on ambitionnait il y a 5 ou 10 ans, on ne va pas s'arrêter pour en profiter. Non, on va tracer des ambitions encore plus grandes. Et ainsi le présent fuit entre nos doigts. Un jour, à l'article de la mort, on se pose la question si ça valait le coup de sacrifier sa vie pour ce que l'on va bientôt laisser derrière soit. Même ceux qui ont des ambitions religieuses ou mystiques de manière générale, risquent de vivre le même désenchantement. En effet, l'ambition était juste au niveau  intellectuel, bâtie sur une connaissance fournie par l'esprit collectif de la société où on a vécu. Or à l'article de la mort, la société ne sera plus avec nous, l'intellect forgé par cette société va disparaître avec elle. Et si tous les rêves de paradis, de Dieu et des prophètes n'étaient que des rêves ? Pur fruit d'une société et d'un intellect qui va disparaître comme le monde matériel. L'intellect n'est-il pas juste une forme plus subtile du monde matériel ?Donc que l'on soit un ambitieux très terre à terre ou un ambitieux type religieux, le résultat à la fin sera le même : un désenchantement et un sentiment d'avoir perdu sa vie pour rien ou pas grand chose. Donc inconvénient n°1 : on ne profite pas du cadeau de la vie et on vit dans un imaginaire futur sans aucune réalité tangible.
  • Second inconvénient : l'ambition, quelque soit son type, terrestre ou divine, est forcément liée à un idéal. L'homme d'affaire veut devenir comme Bill Gates; l'ambitieux religieux veut devenir comme un prophète; la militante associative veut être comme Mère Teresa, etc. Or chacun a une individualité spécifique. Dieu ne fait pas de copie carbone, chaque humain, depuis qu'il y a des humains sur Terre est unique. Spécifique. Sans égal. Or vouloir être comme quelqu'un d'autre au détriment de son individualité a deux risques fâcheux : soit le risque de faux soit le risque de tension perpétuelle. On est faux quand on essaie d'être comme quelqu'un mais on n'est pas et on ne sera jamais ce quelqu'un. Si on n'est pas hypocrite, on peut souffrir de tension chronique : vouloir atteindre une situation qu'on ne peut pas atteindre. Il aurait mieux valu accepter sa propre situation. Quelque soit cette situation, l'acceptation de celle-ci enlève automatiquement la tension de vouloir être quelqu'un d'autres. Dieu nous a créé comme nous sommes. Acceptons cette situation. C'est le cadeau de Dieu. Chaque personne que Dieu a créé sur Terre est aussi important que toute autre personne, passée ou future. Dieu l'a créé unique est sans aucun équivalent. Donc il est inutile de vouloir être comme quelqu'un d'autre. Les grands hommes (prophètes, sages, etc.) ont tous surtout réalisé eux-mêmes. Si on veut suivre leur modèle, il ne faut pas être comme eux, mais plutôt faire comme eux : réaliser soit-même. Sans idéaux, la vie devient beaucoup plus simple. Sans tension, sans hypocrisie, sans complications inutiles. Cette acceptation de soit entraînant automatiquement le respect de l'individualité et la liberté de l'autre. Remarquons également que les idéaux que chacun peut se faire ne correspondent absolument pas à la réalité des gens que l'on cherche à mimer. Regarder par exemple les gens qui veulent être comme tel ou tel sage ou prophète et qui sont différents les uns des autres. En effet, les idéaux sont la pure création de nos sociétés que l'on colorie avec nos propres déformations personnelles et à l'arrivée, ils ne correspondent à plus rien de bon. Donc inconvénient numéro deux de l'ambition : les idéaux créés avec comme conséquence l'anxiété, la tension, l'hypocrisie et la vie compliquée.[OSHO]
On pourrait trouver d'autres inconvénients mais contentons-nous de ces deux inconvénients majeurs. Soulignons donc le fait que "Etre" revient à vivre l'instant présent, à profiter pleinement de la vie. Tout en étant décontracté, vrai, sans tension, acceptant la vie telle qu'elle est.

Etre ou ne pas Etre, actualisée

En regardant le texte de Shakespeare le thème de la mort est présent, mais le sommeil également[HAMLET]. La mort ou le suicide est vu comme un sommeil qui permet de se reposer et de se débarrasser du fardeau des problèmes de la vie. Peut-être même que la mort/suicide, comme le sommeil apportera des rêves, de beaux rêves permettant d'oublier ses malheurs. Cette assimilation de la mort à un sommeil m'a intéressé. L'humanité aujourd'hui, dans sa majorité, moi inclus, est en profond sommeil. Tous les sages s'accordent pour dire que nous sommes, au mieux des somnambules, au pire des zombies, des morts vivants. Une fois de plus, on revient à l'assimilation de la mort à un sommeil ou à dire que finalement la mort n'est qu'un sommeil plus profond, moins ou pas agité.

Seulement voilà, nous sommes à quelques semaines du 21 décembre 2012 et beaucoup de personnes nous promettent un nouvel âge d'or de l'humanité où  nous allons nous réveiller de notre somnambulisme et nous ouvrir à la réalité. La vraie. J'ai vu des vidéos sur Internet qui nous promettent la multiplication des pouvoirs paranormaux comme la vision nocturne, la télépathie, la télékinésie, etc. Il y a même un guru qui a promis de faire léviter un millier de personne simultanément à la fin de cette année !

Mais attention, ne serions-nous pas entrain de rejouer les mêmes modèles tordus de nos esprits malades : vivre dans l'imaginaire des ambitions et rêves futurs et oublier le présent ? Si nous continuons à rêver des pouvoirs supra-normaux que l'on va avoir et du nouvel âge d'or de l'humanité, nous allons nous enfoncer encore plus dans nos rêves et nous déconnecter de la réalité. Si nous continuons à chanter l'amour inconditionnel où l'on vivra sans le vivre aujourd'hui, ici et maintenant, on risque de ne pas bénéficier de ces vents divins qui soufflent sur notre planète depuis plusieurs mois, peut-être des années déjà. Si c'est le cas, nous risquons de vivre un désenchantement le lendemain du 21 décembre 2012. Non pas que rien ne s'est passé. Non, il se passe et il s'est passé énormément de choses, mais ceux qui sont alerts, vivants dans l'instant présent en profitent pleinement et ils accompagnent  notre Mère Terre dans son ascension vers Dieu. Les autres vont échafauder d'autres rêves avec d'autres dates. Qui sait, peut-être dans 26000 ans ... dans d'autres incarnations, bien sûr !

Références :

[OSHO] Osho. Le thème principal de cet article (Il vaut mieux Etre que Devenir) est issu de l'oeuvre d'Osho. C'est un enseignement récurrent chez tous les mystiques. Voir les livres d'Osho ici : http://www.messagefrommasters.com/Ebooks/Osho_Books.htm

[HAMLET] Une présentation de la pièce Hamlet dans sa langue d'origine et en anglais moderne : http://www.nosweatshakespeare.com/quotes/hamlet-to-be-or-not-to-be/

[RESUME] Un résumé en français de Hamlet : http://livres.ados.fr/William-Shakespeare/livres/hamlet/.